lundi 26 mai 2008

Le Japon: entre tradition et modernité














Nous avions planifié de ne rester que deux semaines au Japon, non pas que ce temps était suffisant pour en faire le tour, mais dans le souci de préserver notre budget. Réputée pour être une destination très chère, notre première surprise a été de constater que l’on pouvait se loger et se nourrir à un moindre prix, que le prix d’un billet de métro était bien meilleur marché qu’un ticket de bus en Suisse. Finalement voyager au Japon ne nous a pas coûté plus cher que toutes nos précédentes destinations.
C’était pour nous notre troisième séjour et nous nous réjouissions beaucoup de revoir ce magnifique pays avec les filles. Elles se sont très vite adaptées à la vie japonaise qui est une destination très attractive pour les enfants. Tout en effet y est très ludique, du distributeur de boissons chaudes ou froides qu’on trouve à tous les coins de rues, des immenses panneaux d’affichage lumineux, des écrans géants qui passent des clips en boucle, des petites rues qui ressemblent à des décors de cinéma et des jeunes qui semblent tout droit sortis des mangas tant appréciés au Japon. Trouver une adresse à Tokyo ressemble à un jeu de pistes tellement l’enchevêtrement des rues est compliqué et reste un mystère pour les habitants eux-mêmes. A la nuit tombante les rues s’illuminent. Elles brillent de mille feux multicolores qui sont autant d’enseignes publicitaires aux caractères japonais et résonnent d’innombrables bruits venus des salles de jeux ou des karaokés. Les toilettes étaient également devenues un véritable terrain de jeux pour les filles. Elles sont équipées d’un siège chauffant, trois sortes de douchettes, dont on n’a pas compris toutes les singularités, permettent de bien se nettoyer. Il y a même un bouton spécial qui, quand on l’actionne, simule la chasse d’eau et permet ainsi de couvrir toutes sortes d’autres sons embarrassants. Certaines ont même un distributeur automatique de savon. Un must encore jamais vu !
La vie dans les ryokan, ces petites auberges traditionnelles dans lesquelles nous avons logé, est elle-même amusantes. Il y a toutes sortes de petits rituels qu’il faut respecter; se déchausser avant d’enfiler les chaussons d’intérieur, sans oublier d’en changer lorsqu’on va aux toilettes et de les remettre lorsqu’on en sort, ôter ses chaussons lorsqu’on entre dans sa chambre aux tatamis, mettre son kimono pour aller prendre sa douche ou le bain traditionnel dans la salle de bains commune (il faut se laver hors de la baignoire et une fois propre et bien rincé se plonger dans le bain bouillant), boire le thé assis en tailleur auprès de la table basse et la nuit une fois venue se coucher bien en sécurité les uns à côté des autres sur les futons, la tête en équilibre, déposée sur un oreiller de riz, qui ne répond pas, il faut l’avouer, à nos critères de confort occidental !
Passer commande au restaurant était également très ludique. Essayer de deviner ce que pouvait bien nous réserver la carte en japonais ou entraîner le serveur à l’extérieur, afin de lui pointer le plat que nous avions choisi lequel était exposé, plus vrai que nature, en vitrine et enfin goûter un plat inconnu merveilleusement bien présenté sur notre table étaient autant d’expériences amusantes. La dégustation de ces grosses nouilles interminables avec des baguettes japonaises si fines ressemble à un jeu d’adresse inventé pour tester notre patience et notre sens de l’humour.
Nous sommes arrivés au Japon en pleine période des courses d’école si bien que des milliers d’écoliers avaient déserté les salles de classe pour nous accompagner sur les sites touristiques. Difficile dans ces conditions d’apprécier l’atmosphère de recueillement pourtant si propice aux temples que nous avons visités. Alors, nous nous sommes joints aux groupes et avons participé à l’ambiance festive. Le Japon est un pays de haute technologie, mais qui est curieusement resté très traditionnel et superstitieux. Il existe des « charmes » pour toutes les étapes de la vie ; de la naissance à la mort. Les filles ont déposé au pied d’un arbre leur petit écriteau de bois sur lequel elles ont mis leurs vœux, lancé des pièces de monnaie dans d’innombrables fontaines, puits et autre « récipients », tiré des cordons pour faire tinter des cloches et tapé trois fois dans leurs mains, dilué dans de l’eau des papiers sur lesquels elles avaient inscrit au préalable leurs souhaits. Elles ont aussi acheté leur « charmes » pour bien réussir à l’école. Il ne reste donc plus qu’à travailler ! Aux abords des temples on trouve une multitude de petites échoppes qui vendent de l’artisanat japonais. Nous avons succombé à la même fièvre consumériste dont semblent souffrir tous les insulaires et acheté quelques babioles qui seront autant de jolis souvenirs à notre retour.
Pour que notre visite du Japon soit complète nous sommes allés à la rencontre des sumos, ces lutteurs japonais considérés au pays du Soleil Levant comme des demi-dieux. Nous en avons vus de toutes les tailles (en fait surtout des extra larges) et de toutes les couleurs. Il se tenait à Tokyo un grand tournoi où toutes les écoles s’affrontaient, chacune avec sa bannière colorée. Héloïse voulait vraiment être prise en photo avec l’un d’eux et depuis elle rêve d’avoir un grand frère sumo.
A Kyoto nous sommes allés à la rencontre d’un autre de ces personnages sans qui le Japon ne serait pas le Japon, la geisha. Pour le plaisir de la photo nous l’avons « traquée » alors qu’elle sort à la nuit tombante pour aller travailler dans une de ces mystérieuses maisons de thé. Quelle étrange figure que celle de la geisha. Elle semble appartenir à une époque révolue, alors qu’elle est en fait un des emblèmes de la culture japonaise. On la voit trottiner tout en essayant de se frayer un passage au milieu de dizaines de touristes, toute frêle sur ses hauts sabots de bois, drapée dans un kimono luxueux aux couleurs chatoyantes. Elle arbore cette coiffure étrange et très compliquée qui met en valeur sa nuque et enveloppe son visage poudré de blanc, duquel se détache une bouche fardée d’un rouge soutenu.Les filles se sont fait beaucoup de copains avec lesquels elles échangeaient de beaux sourires ou quelques signes de la main. Elles auraient aimé prolonger cette étape mais d’autres aventures nous attendaient déjà dans l’Empire du Milieu.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour les amis,
Nous voici de retour à Paris et notre voyage nous a ravis. Nous étions contents de vous rencontrer et votre ouverture nous a vraiment impressionné.
C'est joli une famille en voyage. C'est comme une allégorie de la vie et de la transmission de valeurs, d'amour.
Nous suivons votre périple et c'est vraiment chouette.

Merci de pour ces moments partagés.

Bon voyage et à très bientôt. Elhadi et Sophie.

Anonyme a dit…

Nous vous enverrons les photos très vite.
A+. E&S